One Health Summit : l’amélioration de la santé humaine passe par celle de la planète

One Health Summit : l’amélioration de la santé humaine passe par celle de la planète

Le « One Health Summit », une conférence internationale initiée par la France, s’est tenue à Lyon les 6 et 7 avril. Cet évènement vise à prévenir les risques sanitaires en liant santé humaine, animale et environnementale. Les participants ont alerté sur la nécessité d’apporter des réponses coordonnées, fondées sur la science, la prévention, le partage de connaissances et la coopération internationale.

Le « One Health Summit » (« Sommet Une seule santé »), un sommet international dédié à la préservation de la santé et de la nature initié par la France, s’est déroulé les lundi 6 et mardi 7 avril à Lyon. Il a réuni des chefs d’État et de gouvernement du monde entier, des leaders d’organisations internationales et régionales pertinentes, des parlementaires, des scientifiques, et des représentants du secteur privé, de la société civile, des collectivités locales et de la jeunesse. L’objectif était de rassembler des acteurs de tous horizons afin d’accélérer les initiatives et de financer des solutions en faveur du climat, de l’environnement et de la santé humaine.

Emmanuel Macron présent au One Health Summit

Parmi les participants au One Health Summit figurait Emmanuel Macron, présent le mardi pour la clôture de l’évènement. Depuis le début de son premier mandat en 2017, le chef de l’État français a régulièrement organisé des sommets « One Planet » pour aborder des thématiques environnementales en concert avec les autres nations. Le sommet de Lyon est le premier consacré aux sujets « One Health » (« Une Santé »). Cette formulation repose sur le principe que notre santé dépend affectivement de celle des animaux et de la planète toute entière. « On ne peut pas traiter tous ces sujets de manière séparée et c’est l’enjeu de ce sommet », a d’abord expliqué l’Élysée. Et d’ajouter : « si on veut améliorer durablement la santé des humains, il faut améliorer la santé de notre planète ». Ce qui est totalement vrai.

Explosion des zoonoses et des maladies infectieuses transmises par les animaux

Partant de ce postulat, il est clair que la destruction des écosystèmes, l’effondrement de la biodiversité et la pollution atmosphérique ou des eaux impactent directement nos conditions de vie et donc la santé des humains. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) s’inquiète en particulier de l’explosion des zoonoses et des maladies infectieuses transmises par les animaux. Elle souligne que les trois quarts de ces maladies, dont le Covid-19, Ebola et Mpox, proviennent désormais des animaux sauvages. Pour éviter une nouvelle pandémie, l’organisation prie de laisser de la place aux animaux, sans empiéter sur leur espace de vie. Elle rappelle que c’est en se rapprochant de ces espèces dans leur milieu naturel que nous nous exposons aux microbes et bactéries avec lesquels elles vivent naturellement.

S’attaquer à l’antibiorésistance, un phénomène de santé publique mondial

Au sommet de Lyon, les scientifiques ont fait plusieurs propositions pour améliorer la santé humaine. Ils ont appelé à mettre fin au recours abusif d’antibiotiques car celui-ci favorise l’apparition de bactéries résistantes dans l’environnement bien plus difficiles à combattre. On appelle ce phénomène l’antibiorésistance. Aussi, ils recommandent d’arrêter d’utiliser du plastique ou des pesticides dans notre alimentation pour éviter d’être empoisonnés et de tomber malades.

Les chercheurs ont en outre plaidé pour des mesures concrètes et décisives contre la déforestation, le changement climatique et la pollution. En espérant être entendus par les décideurs publics et privés, avec des financements mis à disposition, ils interpellent sur le fait que la réparation des dégâts liés aux épidémies et aux catastrophes coûte plus cher que la prévention et des actions en amont.

Quelques promesses de financements au « One Health Summit »

Au cours de son long discours, Emmanuel Macron n’a pourtant pas évoqué de financements. Ce qui interpelle, au moment où la France et d’autres pays développés, les Etats-Unis en tête, réduisent fortement leurs financements à la santé mondiale. Heureusement, le sommet a été l’occasion pour plusieurs institutions internationales d’annoncer des fonds pour la stratégie « Une santé ».

L’Alliance du vaccin (Gavi), réunissant des acteurs publics et privés, a promis mobiliser 600 millions de dollars pour plusieurs projets. De son côté, la Banque mondiale a prévu de consacrer 750 millions d’euros sur plusieurs années aux sujets « One Health ». Quant à la Commission européenne, elle compte octroyer 700 millions d’euros pour les quatre prochaines années, dont une bonne partie consacrée à l’antibiorésistance. C’est déjà mieux que rien.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *