Armes soniques : entre dénégation et réalité

Armes soniques : entre dénégation et réalité

Selon un homme se présentant comme un garde de sécurité de la présidence du Venezuela, les Américains auraient utilisé des armes soniques lors du kidnapping de Nicolas Maduro. S’il n’y a aucune preuve de ce qu’avance cet individu, l’information remet sur le devant de la scène des armes dont l’existence a toujours été niée par les Etats. Pourtant, certains s’en servent pour maîtriser des foules, comme à Belgrade (Serbie) en mars 2025.

Le samedi 3 janvier, au cours d’une opération brève et spectaculaire, les forces spéciales américaines ont enlevé le président vénézuélien Nicolas Maduro, que Donald Trump accuse de narcotrafic et de narco-terrorisme. Ce kidnapping digne d’un film d’Hollywood s’est déroulé avant l’aube, avec des attaques synchronisées, au cours desquelles les Américains ont eu recours à un brouillage massif des communications.

Les Américains auraient utilisé des armes soniques au Venezuela

Mais, sur le réseau social X, un individu se présentant comme un garde de sécurité de la présidence du Venezuela affirme que les forces spéciales américaines ont probablement utilisé aussi des armes soniques. « Nous étions de garde, et soudain, tous nos radars se sont éteints sans raison. Ensuite, des drones sont apparus, beaucoup de drones. Nous ne savions pas quoi faire. Ils ont lancé quelque chose… comme une onde sonique très intense. J’ai eu l’impression que ma tête explosait de l’intérieur. On saignait tous du nez. Certains vomissaient du sang. On est tombés au sol, incapables de bouger.», a-t-il écrit sur le média social d’Elon Musk.

Les armes soniques existent bel et bien

Se disant totalement dépassé par ce qui lui est arrivé, l’homme met en garde tous ceux qui sont tentés de chercher querelle aux États-Unis, car ceux-ci disposeraient d’une technologie redoutable, presque extraterrestre. Il affirme pour sa part qu’il ne s’opposera plus jamais à l’armée américaine après ce qu’il a vu. Si certains le soupçonnent de propagande pro US, il faut noter que les armes soniques ne sont pas une invention des réseaux « complotistes ». Ces technologies existent bel et bien dans l’arsenal le l’armée américaine, même si celle-ci tente de relativiser ses effets réels.

Des nausées, des vertiges et des pertes d’audition

Les armes acoustiques sont des dispositifs utilisant des ondes sonores (ou ultrasons/infrasons) pour harceler, désorienter ou neutraliser des cibles. Plusieurs spécialistes les classent dans la catégorie des armes à énergie dirigée. Les plus connues sont les LRAD (long-range acoustic device), des canons à son non-létaux car il est rare qu’elles blessent ou tuent.

Toutefois, une exposition prolongée peut entraîner des dommages auditifs irréversibles et d’autres effets dangereux. Comme des problèmes respiratoires, une sensation d’oppression au niveau de la poitrine, une salivation excessive, des nausées, des fourmillements, des vertiges, des acouphènes, une perte d’audition, des maux de tête et une accélération du rythme cardiaque. À partir de 160dB, les tympans peuvent même se déchirer. Et au-delà de 200dB, les poumons se fissurent. Ce qui peut entraîner une hémorragie interne voire la mort.

Cuba et la Serbie soupçonnés d’avoir eu recours aux armes soniques

D’abord utilisées par l’armée américaine au Vietnam dans les années 70, puis en Afghanistan et en Irak, les armes soniques seraient aujourd’hui détenues par plusieurs autres pays. Cuba, notamment, est soupçonné d’en posséder. En 2016, Washington a eu de sérieux doutes après que des diplomates américains à l’ambassade de la Havane se sont plaints pendant plusieurs mois de mystérieux troubles : vertiges, nausées, pertes d’audition… À ce jour, personne n’a compris ce qui leur est arrivé.

Ces armes soniques auraient été utilisées également à Belgrade, en Serbie, le 15 mars 2025 lors d’une manifestation massive dans la capitale serbe contre la corruption. Des témoins ont rapporté avoir entendu un son étrange, qui a provoqué un mouvement de panique et une désorientation totale des protestataires. Ces sons déstabilisants provenaient de véhicules de police, surmontés de canons dirigés vers la foule.

Des pays répressifs pourraient en faire une arme redoutable

Les autorités serbes ont nié l’utilisation d’une telle arme. Mais on ne s’attendait pas à ce qu’elles le reconnaissent. Aucun pays n’a officiellement admis détenir cette technologie et l’utiliser, car cela poserait des problèmes juridiques et violerait les droits humains. Mais les États finiront par le reconnaître tôt ou tard, comme avec la technologie pour manipuler la météo. On craint cependant que les régimes répressifs comme l’Iran, la Chine, la Russie et les États-Unis de Donald Trump en usent fortement pour briser des manifestations dans nos villes.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *