Municipales 2026 : à Marseille, les candidats se préoccupent du littoral

Municipales 2026 : à Marseille, les candidats se préoccupent du littoral

Les municipales en France auront lieu ce mois-ci. Si les traditionnels sujets de sécurité et de transports sont omniprésents, à Marseille, le littoral s’invite aussi dans les débats. Et pour cause, il reste au cœur des équilibres économiques, écologiques et sociaux. Les candidats rivalisent donc de promesses pour mieux exploiter les 57 kilomètres de côtes de la ville. Entre plages privées, créneaux réservés aux familles ou espaces balnéaires, chacun y va de ses propositions, selon ses convictions politiques.

Les municipales 2026 en France se tiendront les dimanche 22 et 29 mars. Dans chaque commune, les priorités diffèrent suivant les urgences et les réalités locales. A Marseille, on parle bien sûr de transports et surtout de sécurité, à cause du narcotrafic qui gangrène la ville. Mais la mer est également une grande préoccupation, car au carrefour de l’économie, de l’écologie et de la société.

Un littoral riche qui mérite d’être mieux exploité

Long de 57 kilomètres, le littoral phocéen est l’un des plus riches de France. Il se compose de plusieurs zones, aux diverses fonctions. On a : une zone industrielle et portuaire (nord), balnéaire (sud), urbaine et touristique (autour du Vieux-Port) et préservée (à l’est) avec le Parc national des Calanques et ses criques sauvages. Les candidats aux municipales s’engagent à mieux exploiter ce trésor, chacun selon l’idéologie de son parti et ses priorités. Ainsi, si certains portent leur attention sur les implications environnementales et sociales, d’autres se concentrent sur les aspects économiques et sécuritaires.

Benoît Payan veut transformer Marseille en une station balnéaire

Le maire sortant Benoît Payan compte poursuivre les aménagements de son « plan littoral Nord et Sud », en cas de nouveau mandat. Il prévoit de développer la biodiversité marine, avec une augmentation des espaces protégés, ainsi que d’étendre la culture de la posidonie, herbe marine contribuant à limiter l’érosion et à élargir la superficie des plages. Le candidat du Printemps Marseillais, coalition de gauche et des Écologistes, veut également renforcer l’éducation sur la mer au collège et insuffler à la jeunesse marseillaise un esprit d’aventure.

De son côté, la candidate de la droite et du centre Martine Vassal veut transformer la deuxième ville de France en station balnéaire, si possible en faisant payer les transats sur les plages privées comme cela se fait en Italie. La présidente du département des Bouches-du-Rhône et de la métropole Aix-Marseille-Provence espère également maximiser les retombées économiques des bateaux de croisières et du fret.

Le RN toujours aussi obsédé par la « racaille » venue d’ailleurs

Sans surprise, le candidat d’extrême droite Franck Allisio a pour priorité de « rendre leur plage aux Marseillais ». Selon lui, les familles et les seniors sont aujourd’hui contraints de se rendre dans le Var parce que la sécurité et la propreté ne sont plus assurées à Marseille. Le député RN des Bouches-du-Rhône dénonce « les barbecues sauvages, le harcèlement et la consommation de drogue ».

Pour en finir avec ces comportements, il compte « tripler le nombre de policiers municipaux » et mettre en place ce qu’il assume être des « pass anti-racailles ». C’est-à-dire des « créneaux horaires pour l’accès aux plages, comme pour les wagons sans enfant de la SNCF ». En outre, aux abords du port, dans le quartier d’affaires Euroméditerranée, l’élu entend développer une marina dotée d’hôtels, de restaurants et d’un centre de congrès.

Pour LFI, pas question de faire de la ségrégation sociale sur les plages de Marseille

Evidemment, LFI rejette l’idée d’accorder davantage de concessions privées. Le député Sébastien Delogu rappelle que plusieurs clubs privés, dont le Cercle des nageurs, « privatisent déjà le littoral marseillais ». Il se dit « radicalement opposé aux visions développées par les deux listes de droite », basées sur la ségrégation sociale, voire l’origine ethnique.

De son côté, le mouvement écolo-citoyen Vaï, allié des Insoumis, estime que les activités du port doivent « correspondre aux besoins des Marseillais », à l’image des liaisons par ferry vers la Corse ou le Maghreb. Aussi, le collectif plaide-t-il pour la réouverture du terminal légumier. « Au lieu de décharger les valises des croisiéristes, les dockers pourraient décharger les produits consommés à Marseille », suggère un de ses porte-parole.

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