Réseau ferroviaire : la SNCF teste un système anticollision pour protéger la faune sauvage
Pour réduire les interruptions de trafic ferroviaire et protéger la faune, la SNCF Réseau teste un système anticollision innovant sur la ligne Rouen-Caen, en Normandie. Développé par l’entreprise nantaise ElanRail ce dispositif éloigne les animaux sauvages des rails en déclenchant des signaux d’alarme lumineux et sonores à l’approche d’un train.
Chaque année en France, plus de 2000 collisions ont lieu entre animaux sauvages et trains. Ces heurts se produisent dans les zones où la voie ferrée longe une forêt, d’où surgissent chevreuils, sangliers, biches, cerfs, blaireaux ou encore renards. En plus de faire des victimes parmi le gros gibier, ces accidents entraînent des retards ou des annulations. La facture s’élève à plusieurs millions d’euros de pertes annuelles pour la SNCF, en réparations de matériel, immobilisation de trains, compensations clients et mobilisation d’équipes d’astreinte.
La SNCF mise sur un système de pointe anticollision pour sauver la faune sauvage
Pour réduire les interruptions de trafic ferroviaire tout en protégeant la faune, la SNCF Réseau teste en Normandie un dispositif effaroucheurs le long de la ligne Rouen-Caen, qui traverse la forêt de la Londe, en Seine-Maritime. Développé par l’entreprise nantaise ElanRail et baptisé Blue Sentinel, ce système de pointe anticollision envoie des signaux sonores et lumineux pour alerter les animaux sauvages à l’approche d’un train et les éloigner des rails.
Un système intégrant des balises et des capteurs
Blue Sentinel intègre plusieurs balises. L’une d’entre elles détecte l’arrivée du train grâce à des capteurs qui mesurent la vitesse, puis elle envoie un signal aux balises « effaroucheuses ». Équipées de haut-parleurs et de diodes, celles-ci émettent pendant une dizaine de secondes des bruits et des clignotements de lumière avant l’arrivée du train. Ces lumières sont bleues, d’où le nom donné au système (« Blue Sentinel », en français « sentinelles bleues »). Elles auraient pu être rouges à l’instar d’autres signaux d’alerte, mais les mammifères comme les sangliers et les biches ne perçoivent pas cette couleur.
Blue Sentinel testé sur 5 kilomètres de voie dans la forêt de La Londe
Depuis octobre 2025, SNCF Réseau teste Blue Sentinel sur 5 kilomètres de voie dans la forêt de La Londe, une zone particulièrement accidentogène. Depuis 2019, au moins 50 collisions ont été recensées sur ce tronçon. Le groupe ferroviaire a placé quatre balises détectrices en amont de la zone et 168 balises d’effarouchement un peu plus loin.
Les premières détectent l’arrivée d’un train, tandis que les secondes émettent aussitôt des alertes sonores pour effaroucher les animaux et les pousser à s’éloigner des rails. Simultanément, une autre balise envoie un signal lumineux de couleur bleue, à la fois pour attirer l’attention des animaux et prévenir le conducteur qu’il doit ralentir.
La SNCF va poursuivre ses expérimentations
Blue Sentinel a d’abord été testé pendant 10 mois en Loire-Atlantique en 2024. Le système a permis de réduire de 90% les collisions avec la grande faune dans le secteur concerné, d’après la SNCF. Plus de 50 000 trains ont été sécurisés grâce à cette solution. SNCF Réseau a également recensé zéro collision sur la zone d’Oudon, contre 4 en 2023, et un seul heurt sur la zone de Briollay, contre 7 un an plus tôt.
C’est à la suite de ces bons résultats que le groupe ferroviaire a lancé l’expérimentation sur la ligne Caen–Rouen. En cas de nouveau succès, il prévoit de déployer la technologie sur la ligne Évreux–Caen, puis Paris–Caen–Cherbourg. Notons que le système anticollision convient également à l’environnement urbain, mais s’applique cette fois aux routes et voitures.






