Tramways nantais : Navocap livre un logiciel de gestion de trafic défaillant
Le système informatique de Navocap (une filiale de la RATP), conçu pour gérer la circulation des tramways nantais, accumule les difficultés techniques depuis son lancement à la fin 2024. Des problèmes de visualisation en temps réel des rames en circulation et de communication avec les conducteurs sont apparus il y a quelques mois. Un nouvel appel d’offres sera lancé cette année pour trouver un autre fournisseur de logiciel.
Un contrat qui n’ira pas à son terme. La Semitan, l’opérateur des transports en commun de Nantes Métropole, a engagé un contentieux avec Navocap, une filiale de RATP Smart Systems, pour des problèmes techniques récurrents sur son logiciel de gestion du trafic de tramways commandé en 2020 pour 7,4 millions d’euros. Ces défaillances techniques, soutient-elle, empêchent ses agents d’exploiter à 100% les fonctions clés du système. La société rapporte notamment des soucis de visualisation en temps réel des rames en circulation et de communication avec les conducteurs.
Navocap a remporté un appel d’offres pour déployer son logiciel
Après avoir remporté un appel d’offres en 2020 auprès de Nantes Métropole, Navocap a déployé son logiciel à Nantes sur les tramways de la ligne 1, en mode test, à la fin de l’année 2024. Accompagné notamment d’un boitier et d’une tablette tactile, le système permet aux conducteurs de tramways d’échanger en temps réel des informations avec leur opérateur. En cas de panne, d’incident ou d’accident, il alerte pour que chaque conducteur adapte son parcours en conséquence. Sans ce dispositif, les « wattman » en seraient réduits à rouler à vue, sans savoir ce qui les attend au virage.
En moins d’un an, le système a montré de nombreuses défaillances
Mais, un an après son déploiement sur la seule ligne 1, le système de Navocap a montré de nombreuses pannes techniques. Parmi celles-ci, une géolocalisation défaillante, des contacts parfois impossibles avec le PC de régulation et des trams qu’on ne retrouve pas sur les radars. Si pour l’instant il n’y a pas d’accidents, les conducteurs sont à cran.
« Certains tramways deviennent des fantômes qui disparaissent de notre cartographie du réseau. Sur le terrain, les conducteurs doivent faire preuve d’une vigilance accrue », rapporte Didier Sauvêtre, délégué CFDT au sein de la Semitan. Son syndicat a déjà déposé plusieurs alarmes sociales à ce sujet, et fait des signalements de dangers imminents.
La politique s’invite dans cette affaire, à trois mois des municipales
À trois mois des élections municipales, les politiques se sont évidemment emparés de cette affaire. Foulques Chombart de Lauwe, conseiller municipal d’opposition et candidat Les Républicains à la mairie de Nantes, impute cette situation malencontreuse à l’incompétence de la maire sortante socialiste, Johanna Rolland, qu’il espère « virer » en mars prochain.
« Quand il y a un danger, on l’affronte, on ne l’enterre pas. Stop à la politique de l’autruche. Il est grand temps d’avoir des budgets mieux gérés, pour plus de sécurité et de transparence », a-t-il déclaré dimanche sur ses réseaux sociaux, las de plusieurs décennies de socialisme dans la ville. Pascal Bolo, président de la Semitan, également chargé de l’évaluation des politiques publiques de la métropole de Nantes, a dénoncé « une basse polémique pré-électorale » et défend son camp de toute mauvaise gestion. L’élu reconnaît toutefois « une difficulté réelle » liée à l’usage du logiciel.
Navocap chargé de livrer une version épurée de son logiciel pour assurer la transition avec le prochain fournisseur
Pour sa part, Olivier le Grontec, directeur général de la Semitan, affirme auprès du Figaro que la « priorité reste d’assurer la continuité du service et la sécurité de chacun » dans les tramways de la Métropole. « Il s’agit d’un système complexe et qui fonctionne, mais pas de manière suffisamment satisfaisante pour s’engager sur 15 ou 20 ans. Nous allons donc lancer une procédure de rupture de contrat », annonce le cadre.
La Métropole de Nantes et Semitan mènent actuellement des discussions pour fixer les pénalités à l’encontre de Navocap, faute d’avoir satisfait le cahier de charges. En attendant de trouver une nouvelle solution pour remplacer le système existant (celui de Thalès, devenu obsolète), la filiale de RAPT Smart Systems a été chargée de livrer une version épurée de son logiciel défaillant pour assurer la transition. Après quoi, un nouvel appel d’offres sera lancé.






