Val-de-Marne : la RATP conclut l’expérimentation d’un bus autonome

Val-de-Marne : la RATP conclut l’expérimentation d’un bus autonome

La RATP vient de conclure l’expérimentation d’un bus autonome sur une ligne du Val-de-Marne, en présence de quelques journalistes invités pour l’occasion. Testé pendant quatre mois en conditions réelles, ce véhicule de transport compte dix-huit caméras et cinq capteurs pour calculer les trajectoires. Il doit encore passer des tests dans d’autres environnements et avec d’autres matériels avant le lancement de services commerciaux vers 2030.

Le jeudi 26 mars, la RATP a effectué la dernière phase d’expérimentation d’un bus autonome sur la ligne 393, entre Sucy-en-Brie et Créteil, dans le Val-de-Marne (Île-de-France). C’était en présence de quelques journalistes invités pour l’occasion. Par mesure de sécurité, ce véhicule de transport ultra-moderne de 18 places et de 8,5 mètres de long n’était autorisé à circuler qu’entre 11 et 15 heures, heures de faible affluence. Il ne pouvait rouler qu’à une vitesse pouvant atteindre 40 km/h. Si une personne traversait au dernier moment, ou s’approchait trop du bord du trottoir, l’engin freinait un peu sec. Il était aussi capable de passer les ronds-points dans le trafic et de partager la route avec d’autres bus.

La RATP prévoit qu’il y aura un superviseur à distance pour plusieurs bus

En tests depuis quatre mois, ce bus entièrement autonome est équipé de dix-huit caméras et de cinq capteurs pour calculer les trajectoires ou éviter des obstacles. Il comprend aussi un lidar, un radar et une cartographie intégrée. Si un ingénieur était à bord pour reprendre le contrôle au besoin, le véhicule est capable d’évoluer sans intervention humaine. A terme, la RATP prévoit qu’il y aura un superviseur à distance pour plusieurs bus. Celui-ci choisi pour l’expérimentation est un électrique. Fourni par le constructeur turc Karsan, il est doté de la technologie de conduite autonome de niveau 4 (le plus haut) développée par une autre société turque Adastec.

La RATP effectuera des tests supplémentaires dans d’autres environnements et avec d’autres matériels

Si l’expérimentation est une réussite, tout n’est pas fini. Xavier Piechaczyk, le nouveau président‑directeur général du groupe RATP, annonce que des tests supplémentaires seront réalisés dans d’autres environnements et avec d’autres matériels pour bien éprouver la technologie. Ces expérimentations vont prendre quelques années, avant de voir les premiers bus sans conducteurs rouler dans le trafic avec des passagers à bord, autour de 2030. Toutefois, la mise en service commerciale dépendra des décisions des autorités organisatrices, notamment Île-de-France Mobilités, ainsi que du cadre réglementaire européen.

Des chauffeurs inquiets de l’arrivée des bus autonomes

D’après la RATP, l’automatisation du transport en Île-de-France pourrait aider à augmenter la fréquence des bus, à étendre les horaires et à desservir des zones aujourd’hui peu rentables. Elle permettrait également d’anticiper la pénurie de chauffeurs qui devrait s’aggraver, comme le prévoient certaines études du secteur.

Du côté des chauffeurs pourtant, on est plutôt inquiets : « On a un peu peur, bien sûr. On croise les doigts que ça ne va pas arriver, là », confie l’un d’eux auprès de franceinfo.  Certains conducteurs croient même être la dernière génération, car bientôt un seul superviseur derrière des écrans pourrait gérer seul tout le réseau à distance. Cependant, d’autres pensent que ça n’arrivera pas de sitôt, comme la vieille prédiction selon laquelle les caisses automatiques remplaceraient les employés de supermarchés.

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