France : JUNN, un jumeau numérique national pour piloter les territoires
Le ministère de la Transition écologique et celui de l’Intelligence artificielle ont lancé mercredi un Jumeau numérique national (JUNN) dans le cadre de France 2030. Initié par l’IGN et financé à hauteur de 25 millions d’euros, ce programme doit permettre aux collectivités de mieux piloter les politiques publiques et les projets d’urbanisme, ainsi que de s’adapter aux évolutions climatiques. Les Alpes-Maritimes, l’Ille-et-Vilaine, la Charente-Maritime, la Gironde et la Manche font partie des départements pilotes.
Le ministère de la Transition écologique, celui de l’Intelligence artificielle et du Numérique, et le secrétariat général pour l’investissement ont annoncé, mercredi 15 avril, le déploiement d’un Jumeau numérique national (JUNN), dans le cadre de France 2030. Porté par l’IGN, le Cerema et l’Inria, avec le soutien de 14 partenaires officiels, ce programme vise à offrir aux collectivités locales et aux acteurs publics un puissant outil de pilotage de leurs politiques publiques et des projets d’urbanisme, en tenant compte des évolutions climatiques. Il sera soutenu à hauteur de 25 millions d’euros par l’Etat.
Le jumeau numérique, une réplique virtuelle et vivante d’un territoire réel
Pour rappel, un jumeau numérique est une réplique virtuelle et vivante d’un territoire réel. Alimenté en continu par des données de toutes natures (cartographiques, météorologiques, urbaines, environnementales), le système offre un moyen plus efficace de visualiser les territoires, tester des scénarios, anticiper des crises, optimiser les politiques publiques et accompagner la transition écologique. C’est un outil précieux pour éclairer la décision politique face aux grands défis territoriaux, qu’il s’agisse de l’évaluation de l’impact des aménagements en cours ou des effets de futurs travaux, sur la voirie, les habitations et les terres.
JUNN est comme un GPS qui anticipe les embouteillages avant qu’ils ne surviennent
À l’instar de tous les jumeaux numériques, JUNN reproduit virtuellement un territoire réel, ici la France. Il permettra aux collectivités de tester des scénarios avant qu’ils ne se produisent dans la réalité et d’anticiper des situations critiques, comme des inondations et des mutations urbaines. C’est un peu comme un GPS qui, plutôt que d’indiquer la route, aide à anticiper les embouteillages avant même qu’ils n’apparaissent.
La technologie fournira des données nationales homogènes, des outils de visualisation 2D/3D, des briques logicielles et un socle mutualisé offrant un accès rapide et quasi gratuit à des fonctionnalités basiques. Elle évitera des investissements initiaux lourds aux territoires non dotés d’un jumeau numérique et enrichira les jumeaux de ceux qui en disposent déjà.
Un test avec les collectivités et les services de l’État, avant un déploiement à grande échelle
Le JUNN connaîtra ses premières applications opérationnelles d’ici la fin d’année. Les acteurs prioritaires, que sont les collectivités et les services de l’État, auront douze mois pour tester les premiers services à forte valeur ajoutée, avant un déploiement à grande échelle. Ils bénéficieront du soutien d’experts pour identifier leurs besoins et co-construire des solutions à l’échelle locale.
Il s’agira notamment d’intégrer des contraintes environnementales, climatiques et sismiques aux projets d’aménagement, d’évaluer la résilience des territoires face aux bouleversements climatiques (ilots de chaleur, traits de côte, inondations, incendies…), de faire un inventaire de la biodiversité, de proposer une gestion efficace de la forêt et des ressources hydriques, d’accélérer le développement des énergies renouvelables et le déploiement de la mobilité, ou encore de renforcer la lutte contre la propagation d’épidémies.
JUNN, la « boussole dont nous avons besoin plus que jamais pour naviguer dans ce monde en perpétuelle évolution »
Avec JUNN, le gouvernement veut poser les fondations d’une infrastructure numérique nationale robuste, sure, partagée et 100 % souveraine. Il souhaite surtout répondre aux nouveaux besoins de la gestion des territoires à l’ère de l’urgence climatique.
« Nous ne pouvons plus piloter nos territoires avec les outils d’hier », estime Mathieu Lefèvre, ministre délégué à la Transition écologique, suggérant par là que les bonnes vieilles cartes papier et les tableurs Excel ne suffisent plus. De son côté, Bruno Bonnell, secrétaire général pour l’investissement, affirme que JUNN est la « boussole dont nous avons besoin plus que jamais pour naviguer dans ce monde en perpétuelle évolution ».





