Territoire connecté et durable : les collectivités face au choix entre supervision et hypervision

Territoire connecté et durable : les collectivités face au choix entre supervision et hypervision

Supervision ou hypervision ? C’est le choix que doivent faire les collectivités souhaitant mieux accompagner le développement des villes intelligentes et durables de leur territoire. Si la plupart disposent déjà de superviseurs, la scalabilité des solutions et la forte volumétrie des données les pousse à entrevoir un passage à des hyperviseurs.

Ces dernières années, les collectivités ont lancé des projets de territoire connecté et durable, comprenant l’intégration de solutions technologiques innovantes, pour améliorer la qualité de vie des usagers. Pour une gestion optimale des données et des équipements, elles ont mis en place des superviseurs. Ces outils gèrent de nombreux outils connectés de la ville comme les feux rouges, caméras de vidéosurveillance, distributeurs d’eau, aires de stationnements et parkings, bornes d’arrêt minute (BAM), flux routiers, transports en commun, domotique des immeubles publics, éclairage public…

La multiplication de superviseurs peut poser problème

Les superviseurs donnent en temps réel des informations sur l’ensemble de ces systèmes informatiques, le plus souvent distants. Ils permettent notamment de détecter des anomalies, des incidents (comme une fuite d’eau) et des ruptures de données, mais également de prévenir des pannes. Toutefois, il y a deux soucis majeurs avec ces dispositifs.

D’abord, il faut accumuler les superviseurs pour gérer toutes les infrastructures. Or une vision silotée apporte trop de complexité et de contraintes. Ce qui peut impacter négativement la réactivité et la maintenance. Ensuite, le passage à l’échelle d’un territoire connecté et durable, avec une forte volumétrie d’équipements et de données, nécessite une vue plus globale et unique.

Les communes veulent centraliser leurs infrastructures et équipements

Fort de ce constat, les collectivités sont tentées par le recours à un hyperviseur pour agréger les divers flux. L’association nationale de la vidéoprotection (AN2V) a évoqué cette tendance lors d’une réunion organisée le 26 mars dernier sur le thème « Quand et comment passer de la supervision à l’hypervision ? ». Pour elle, c’est avant tout une question d’échelle.

« C’est un vrai sujet en 2026, les communes veulent centraliser leur éclairage public, leur arrosage automatique, la mobilité, le niveau des rivières, etc. Cela fait beaucoup de données qu’il faut malaxer, comprendre et afficher. Cela demande un outil plus vaste que le CSU », a expliqué Dominique Legrand, président fondateur de l’AN2V.

L’hypervision urbaine devient inéluctable à partir d’un certain nombre de superviseurs

Mais qu’est-ce qu’un hyperviseur ? Il s’agit d’une plateforme logicielle permettant de faire coopérer différents systèmes métiers entre eux. Elle aide à interpréter de multiples données à partir d’une même machine physique, en mutualisant les ressources.

La plateforme de virtualisation offre une meilleure réactivité et surtout un gain de temps sur les opérations de maintenance directement programmables dans le temps, suivant leurs degrés d’urgence. Selon Dominique Legrand, l’installation d’un hyperviseur urbain devient inéluctable à partir d’un certain nombre de superviseurs pour des raisons pratiques de gestion et donc de coûts d’exploitation.

Des mesures à prendre avant de se lancer dans l’hypervision

Ainsi, il ne faut pas en installer pour faire seulement un type d’opérations, par exemple de la télésurveillance, mais un ensemble de tâches exigeant une large supervision (donc une hypervision). Le président fondateur de l’AN2V conseille également aux collectivités de bien définir le cahier des charges précisant les processus opérationnels pour faciliter le travail.

En effet, si l’hyperviseur est mal géré et part dans tous les sens, la productivité va irrémédiablement s’effondrer. Par ailleurs, les territoires doivent miser dès le départ sur l’acculturation des équipes pour que celles-ci s’imprègnent des méthodes de travail, outils ou valeurs.

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