Strasbourg : l’Open Payment se généralise sur le réseau CTS
La Compagnie des transports strasbourgeois (CTS) généralise l’Open Payment. Dès ce mardi 3 novembre, les voyageurs pourront payer directement par carte bancaire sans contact dans les bus et trams de Strasbourg. Ce dispositif, qui permet d’acheter un titre directement sur un valideur, simplifie les déplacements occasionnels. L’association ASTUS salue cette évolution, mais regrette son coût supplémentaire et l’absence d’un système de paiement à l’usage plus intégré.
Après plusieurs mois d’expérimentation, la Compagnie des transports strasbourgeois (CTS) généralise, dès ce mardi 3 novembre, le paiement sans contact par carte bancaire sur l’ensemble de son réseau (bus, tramways et autres services). Avec cette solution, appelée Open Payment, le voyageur peux désormais utiliser une carte bancaire, un smartphone ou une montre connectée, et acheter directement son titre sur un valideur. Il n’a donc pas besoin de prendre un billet ni de disposer d’une carte Badgéo ou de l’application de l’opérateur.
L’Open Payment pratique pour les déplacements ponctuels
La mise en place du paiement sans contact a débuté en février 2026 sur la ligne de bus C3, avant de s’étendre à d’autres lignes, notamment la G et la C1. Pour accompagner sa généralisation, environ 1 000 cibles violettes (terminaux de validation ou « valideurs ») ont été déployées sur les quais et dans les véhicules. L’investissement annoncé atteint neuf millions d’euros hors taxes, comprenant le déploiement et les coûts de fonctionnement sur dix ans.
Le principe repose sur une validation directe du moyen de paiement devant un équipement dédié, une borne violette reconnaissable entre mille. Chaque transaction permet d’obtenir un aller simple valable pendant une heure, correspondances comprises. Une même carte peut également servir à régler jusqu’à quatre titres, une possibilité utile aux familles et aux petits groupes.
Un tarif supérieur aux autres solutions
Avec ce dispositif, la CTS cible notamment les touristes, les visiteurs d’affaires et les habitants qui empruntent occasionnellement les transports en commun. Elle souhaite faciliter l’accès au réseau en évitant l’achat préalable d’un titre et le recours à une application. Cette formule complète les solutions de billetterie existantes, sans les remplacer. Elle sera bientôt accessible sur les services de nuit de la compagnie, ainsi que sur Flex’hop et Mobistras, à l’exception des stations situées en Allemagne.
Cette simplicité s’accompagne toutefois d’un surcoût. À Strasbourg, le trajet payé directement par carte bancaire est facturé 2,10 euros, contre 1,90 euro pour un aller simple acheté sur une carte Badgéo, dans l’application CTS ou lors du rechargement d’un billet sans contact. Un achat effectué à bord d’un bus coûte, quant à lui, 2,50 euros.
Le nouveau système constitue une avancée, mais ne répond pas encore pleinement aux attentes en matière de paiement
La CTS explique l’écart de vingt centimes par les frais liés aux transactions bancaires. Mais il y a une autre limite. Contrairement à certains réseaux, Strasbourg ne prévoit pas de plafonnement automatique des dépenses quotidiennes. Les voyageurs qui multiplient les déplacements paient donc chaque trajet au tarif de l’Open Payment, sans basculement automatique vers un forfait plus avantageux.
L’Association des usagers des Transports Urbains de l’agglomération Strasbourgeoise (ASTUS) estime que la simplification de la billetterie doit également s’accompagner d’une tarification plus lisible et harmonisée. Pour elle, le nouveau système constitue une avancée, mais ne répond pas encore pleinement aux attentes en matière de paiement. L’organisation appelle à aller plus loin en s’inspirant notamment du modèle néerlandais. Celui-ci permet au voyageur de valider son départ, puis son arrivée avec le même moyen de paiement. Le système calcule ensuite le prix du déplacement en fonction du trajet réellement effectué.
L’Open Payment doit combiner différents types de transports
Cette approche pourrait prendre davantage d’importance avec le développement du service express régional métropolitain (SERM), qui doit faciliter les déplacements combinant train, car, tramway et bus. Pour l’ASTUS, la réflexion ne peut donc pas se limiter au seul réseau de la CTS : elle doit s’étendre aux différents modes de transport du territoire afin de proposer un parcours plus cohérent aux usagers.
Mais l’essentiel est déjà là. Alors que le paiement sans contact se développe dans les réseaux français, Strasbourg dispose désormais d’un outil supplémentaire pour faciliter les voyages occasionnels. Le prochain enjeu sera de dépasser cette première étape, en rapprochant simplicité d’utilisation, maîtrise des coûts et continuité tarifaire entre les moyens de transport.






