PFAS dans l’eau industrielle : Novasorb Waters mise sur une technologie innovante pour accélérer leur élimination

PFAS dans l’eau industrielle : Novasorb Waters mise sur une technologie innovante pour accélérer leur élimination

Novasorb Waters, une cleantech française en construction, veut renforcer le traitement des eaux industrielles contaminées par les PFAS, ces substances chimiques persistantes surnommées « polluants éternels ». Porté par Beatriz Gasparini, le projet a remporté le grand prix du concours d’innovation i-Lab 2026, une distinction assortie d’un financement pouvant atteindre 600 000 euros. Cette reconnaissance doit permettre à la future entreprise, incubée au BIC Montpellier, de financer des essais pilotes avant sa création officielle, prévue début 2027.

Novasorb Waters, une cleantech française en formation qui veut renforcer le traitement des eaux industrielles contaminées par les PFAS ou « polluants éternels », a remporté en septembre le grand prix du concours d’innovation i-Lab 2026, une distinction assortie d’un financement pouvant atteindre 600 000 euros. Cette reconnaissance doit permettre à la future startup, incubée au BIC Montpellier, de financer des essais pilotes avant sa création officielle, prévue début 2027. Porté par Beatriz Gasparini Reis, cofondatrice d’Acqua Inova au Brésil (qui travaille sur le développement de technologies capables de capturer les PFAS), le projet est soutenu par la SATT AxLR et le fonds BXVenture.

Novasorb Waters a opté pour les billes poreuses, mieux adaptées aux colonnes de filtration déjà utilisées par les industriels

Pour améliorer l’élimination des PFAS dans les effluents industriels, Novasorb Waters développe un matériau adsorbant capable de capturer ces contaminants, y compris les molécules à chaîne courte comme l’acide trifluoroacétique (TFA). La technologie repose sur des trianglamines, des molécules en forme de triangle issues des recherches de Mona Semsarilar, chercheuse au CNRS à l’Institut européen des membranes de l’Université de Montpellier. Initialement développé sous le nom de Cleaneau, le projet envisageait d’utiliser l’impression 3D pour augmenter la surface de captation des PFAS. Cette approche a finalement été abandonnée en raison des difficultés liées à son industrialisation. L’équipe privilégie désormais des billes poreuses, mieux adaptées aux colonnes de filtration déjà utilisées par les industriels.

Les premiers essais ont montré une capacité à capter plus de 95 % du TFA présent dans une solution étudiée

Selon Beatriz Gasparini, les premiers essais ont montré une capacité à capter plus de 95 % du TFA présent dans une solution étudiée. Cette performance annoncée devra néanmoins être évaluée dans des conditions industrielles réelles. L’intérêt des billes poreuses réside toutefois dans leur double porosité, qui associe la structure du matériau à celle des trianglamines. D’après la dirigeante, cette architecture permet de cibler plus sélectivement les PFAS que certaines solutions conventionnelles, notamment le charbon actif et les résines échangeuses d’ions, dont l’efficacité peut être limitée face aux composés à chaîne courte ou ultracourte. Cette sélectivité pourrait également réduire les volumes de déchets contaminés à éliminer.

Novasorb Waters veut réduire les coûts d’incinération et rendre envisageable la régénération de la résine

En concentrant davantage les PFAS dans une quantité limitée de matériau, Novasorb Waters espère diminuer les coûts d’incinération et rendre envisageable la régénération de la résine. Mais il faudra encore confirmer les bénéfices économiques et environnementaux de cette approche à plus grande échelle. L’entreprise travaille actuellement avec des industriels émetteurs de PFAS afin d’analyser la composition de leurs effluents et de mieux comprendre leurs contraintes opérationnelles. Des essais sur des mélanges plus complexes doivent permettre de vérifier la robustesse du procédé. En parallèle, des discussions sont engagées avec des producteurs de billes polymères pour fabriquer les quantités nécessaires aux futurs pilotes industriels, attendus dès la fin de 2026.

La réglementation se resserre autour des PFAS

Le projet Novasorb Waters intervient dans un contexte réglementaire plus exigeant, alors que des ONG environnementales et des chercheurs alertent sur les risques liés aux PFAS. Depuis le 12 janvier 2026, l’UE impose une surveillance harmonisée dans l’eau potable, avec des valeurs limites à respecter. Elle poursuit également ses travaux sur une restriction plus large de ces substances. Ces évolutions renforcent les besoins en solutions de dépollution adaptées aux rejets industriels.

Mais il n’y a pas que dans l’eau qu’on trouve les PFAS. Ils sont également présents dans l’alimentation et dans une grande variété d’objets du quotidien : poêles et casseroles antiadhésives, vêtements imperméables, tapis et moquettes antitaches, mascaras, fonds de teint, vernis à ongles, mousses anti-incendie, peintures, produits de nettoyage…

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *