Lyon : une pétition pour relancer le projet Rive droite

Lyon : une pétition pour relancer le projet Rive droite

À Lyon, des citoyens ont lancé une pétition contre l’abandon du projet Rive droite, qui devait permettre de réaménager profondément 2,5 kilomètres de quais sur la rive droite du Rhône. L’objectif est d’aboutir à une grande zone fraîche, agréable et vivable au cœur des étés de plus en plus caniculaires. Mais la nouvelle présidente de la Métropole, Véronique Sarselli (LR), a choisi de revenir sur ce plan de l’ancien exécutif écologiste. Elle y voit un moyen d’entraver la circulation automobile.

L’aménagement d’une ville n’est pas toujours une affaire de continuité. Après son élection en mars dernier, la nouvelle présidente de la Métropole de Lyon, Véronique Sarselli (LR), n’a pas voulu débuter son mandat par des travaux d’envergure lancés par l’ancien exécutif écologiste. Elle a annoncé l’abandon du projet de Rive droite, ce vaste plan d’aménagement de la rive droite du Rhône. Comme explication, elle dit craindre une entrave à la circulation automobile.

Le projet Rive droite, un important plan de végétalisation de Lyon

Présenté en mars 2023 par Bruno Bernard, alors président de la Métropole de Lyon, le projet Rive droite droit permettre de réaménager profondément les quais de la Rive droite du Rhône sur 2,5 km, entre les ponts Lattre-de-Tassigny et Gallieni. Il vise à redonner aux habitants un accès au fleuve, en mettant fin au caractère quasi-autoroutier de ces quais, qui voient passer jusqu’à 80 000 véhicules par jour. Ce plan prévoit la plantation de 1 200 arbres et la création de 30 000 m² d’espaces végétalisés pour lutter contre les îlots de chaleur urbains et favoriser la biodiversité. Il comprend également la construction d’une piste cyclable, l’élargissement des trottoirs de 5 m, l’ouverture d’une promenade-jardin au bord de l’eau et de quatre grandes terrasses, ainsi que la création de neuf belvédères contemplatifs.

Des trames vertes et bleues prévues dans le cadre du projet Rive droite

Ces travaux devaient permettre de réinventer les bords de la rive droite du Rhône en espace apaisé, mieux partagé, adapté au contexte climatique et aux attentes des habitants. Il s’agit aussi de laisser la nature exister avec les habitants, en particulier les poissons et les petits animaux familiers des berges. Ceux-ci devront s’épanouir à nouveau dans le fleuve, entre les arbres, les arbustes et les plantes aquatiques qui auront quartier libre le long des rives. On appelle cela des trames vertes et bleues, des réseaux d’espaces naturels et semi-naturels permettant au vivant de trouver son chemin en ville.

La présidente de la Métropole préfère sacrifier « la santé des Grands Lyonnais et des Grandes Lyonnaises »

Face à autant de bénéfices, certains ne comprennent pas le choix de la nouvelle présidente de la Métropole. « Cet abandon confirme une orientation politique : repousser les transformations nécessaires, préserver les usages automobiles existants et remettre à plus tard l’adaptation de notre ville aux chaleurs extrêmes. », déplore Grégory Doucet, maire de Lyon (EELV). L’élu écologiste accuse la métropole de préférer « l’inaction à l’attractivité du centre-ville » et de sacrifier « la santé des Grands Lyonnais et des Grandes Lyonnaises ». Béatrice Vessiller, vice-présidente du Grand-Lyon, regrette pour sa part que 7 millions euros aient déjà engagés (sur les 100 prévus). Du gâchis, selon elle.

Un étudiant en biologie a lancé une pétition contre l’abandon du projet Rive droite

À l’instar des politiques, les citoyens critiquent sévèrement la suppression du projet Rive droite. Un étudiant en biologie a même lancé en juillet une pétition appelant les habitants à refuser l’abandon de ce plan de végétalisation. L’initiative a recueilli plus de 17 000 signatures, soit près d’1 % de la population de la Métropole de Lyon. Et le compteur continue de tourner. « Nous demandons aux élus du conseil de la Métropole de Lyon, quel que soit leur couleur politique, de rouvrir le dialogue et de relancer de toute urgence ce projet essentiel pour l’avenir de Lyon face aux canicules », a-t-il plaidé.

Il faut ouvrir une concertation avec l’ensemble des acteurs du projet avant toute décision définitive

Le jeune étudiant en Master II demande à Véronique Sarselli de permettre la reprise des études et des travaux, ainsi que l’ouverture d’une concertation avec l’ensemble des acteurs du projet — habitants, associations de quartier, collectifs citoyens, commerçants —avant toute décision définitive. « Si des ajustements sont jugés nécessaires, qu’ils soient discutés publiquement plutôt que décidés unilatéralement », recommande-t-il. Selon lui, cette mobilisation ne concerne pas que les riverains directs de la rive droite, mais toutes les Lyonnaises et tous les Lyonnais qui subissent chaque été un peu plus la chaleur en ville.

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