Reims : inauguration d’un immeuble imprimé en 3D

À Bezannes, près de Reims, un immeuble imprimé en 3D a été inauguré le 2 avril dernier. La phase d’impression 3D du béton a duré seulement 34 jours, permettant de gagner environ 3 mois sur le délai global de livraison par rapport à une construction traditionnelle. Outre un délai d’exécution très court, cette méthode offre des bénéfices au niveau de l’environnement et des conditions de travail. Mais elle coûte encore trop cher par rapport aux techniques classiques de construction.

Dans le quartier résidentiel de Bezannes, près de Reims (Marne), un immeuble de 12 logements a été inauguré le 2 avril dernier en présence du maire nouvellement élu de la commune David Cappé. Nommé ViliaSprint 2 (il y a eu un premier de ce genre moins important), cet ensemble de murs a été réalisé par impression 3D béton directement sur site. C’est le premier immeuble collectif de ce type en Europe.

Plusieurs entreprises spécialisées mobilisées pour construire cet immeuble imprimé en 3D

Cette prouesse technique et technologique est l’œuvre de Plurial Novilia, du groupe Action Logement. Pour la réaliser, l’agence immobilière a eu recours au savoir-faire de plusieurs sociétés spécialisées dans la construction 3D béton. D’abord l’allemand Peri, dont l’imprimante 3D à portique (et non un bras robotique) a permis de superposer directement in situ des couches successives de béton afin d’ériger les murs porteurs des façades et les murs intérieurs.

L’entreprise danoise Cobod, l’actuel leader mondial de la construction 3D, a apporté de son côté sa machine Cobod Bod2, qui permet d’empiler des cordons de 25 cm chaque seconde. Quant au groupe suisse Holcim, il a mis à disposition son béton imprimable développé à partir de l’encre Tectorprint. Ce matériau a été renforcé par des macro-fibres synthétiques.

Un magnifique exemple de ce que la fabrication additive peut apporter à la construction traditionnelle

« ViliaSprint2 » présente des façades à l’esthétique brute et texturée, ainsi que des formes courbes harmonieusement associées à l’ossature bois des balcons.  Cet immeuble constitue un magnifique exemple de ce que la fabrication additive peut apporter à la construction traditionnelle, selon ses concepteurs. Plurial Novilia fait valoir que cette technique résout des problématiques persistantes du bâtiment. D’abord les délais d’exécution.

La phase d’impression 3D du béton a duré seulement 34 jours (un peu plus d’un mois), au lieu des 50 jours initialement prévus. Mais l’impression 3D ne représente qu’une partie des travaux. En effet, la structure globale a été réalisée avec d’autres techniques innovantes. Le chantier dans son ensemble a pris 12 mois, contre au minimum 15 pour une construction traditionnelle), soit un gain de temps d’environ 3 mois.

Réduction de l’impact environnemental et de la pénibilité au travail

Il y a ensuite un bénéfice environnemental, avec une économie de 10 % de béton. Mais ce n’est pas tout. On note aussi une réduction de moitié des déchets prévisibles (de 10 à 5 %) et une limitation du transport grâce à la suppression des rotations quotidiennes de toupies pour le béton. Plurial Novilia relève en outre une baisse de la pénibilité chez les ouvriers. En effet, les ouvriers sont moins exposés aux nuisances sonores, qui touchent particulièrement les travailleurs du BTP et les riverains de chantiers.

Les ouvriers sont également dispensés du port de charges lourdes, pouvant atteindre environ 1,2 tonne par jour et par opérateur et provoquer des accidents. Seul bémol avec l’impression 3D béton, c’est son coût. Pour ViliaSprint 2, cette technologie représente un surcoût d’environ 30 % (non répercuté sur les loyers), soit un investissement total de 4,5 millions d’euros. Ce résultat s’explique par les dépenses liées aux travaux de recherche et développement, et aux procédures d’évaluation technique, dit ATex.

Un nouvel immeuble imprimé en 3D déjà prévu

Les logements de ViliaSprint 2 ont été loués très rapidement d’après Plurial Novilia, qui indique toutefois qu’il reste quelques logements disponibles mais « très peu ». Ces appartements, souligne l’agence, vont bénéficier de panneaux photovoltaïques et d’une pompe à chaleur. Le groupe immobilier assure que les charges seront « maîtrisées », avec un chauffage qui ne coûtera « que » 1 euro par mètre carré aux résidents, soit 63 euros pour un 63 mètre carré (superficie des biens).

Selon l’entreprise, l’objectif est de permettre aux clients de rester solvables, de pouvoir payer leur loyer mais aussi leurs charges. Plurial Novilia et ses partenaires prévoient désormais un nouveau projet de construction 3D encore plus ambitieux, associant habitats individuels et collectifs. Ce nouvel immeuble devrait comporter 40 à 50 logements.

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