5 novembre : une mobilisation interprofessionnelle à la hauteur des revendications
Annoncée depuis plusieurs semaines, la mobilisation interprofessionnelle et étudiante du 5 novembre a répondu aux attentes des organisateurs. Elle a réuni salariés, fonctionnaires, lycéens, étudiants et retraités dans plusieurs grandes villes françaises, notamment Paris, Marseille, Lyon, Nantes et Tours. Les autorités ont recensé 575 000 participants, tandis que la CGT en revendique près d’1,6 million.
Comme prévu, la journée de grève interprofessionnelle et étudiante a eu lieu ce jeudi 5 novembre 2026. Réunissant plusieurs syndicats, notamment la CFDT, la CGT, FO, la FSU, l’UNSA, la CFTC, Solidaires et la CFE-CGC, la mobilisation a également rassemblé des organisations de jeunesse et des « gilets jaunes » dans plusieurs grandes villes françaises. Des cortèges ont notamment été formés à Paris, Marseille, Rennes, Lyon, Toulouse, Rennes, Nantes et Tours. Le ministère de l’Intérieur a recensé 575 000 participants dans toute la France, dont 65 000 à Paris, tandis que la CGT en revendique près d’1,6 million, dont 350 000 dans la capitale.
Un 5 novembre sans violences notables
Pour encadrer les manifestations, le ministère de l’Intérieur a déployé 70 000 policiers et gendarmes, avec le renfort d’unités spécialisées comme le RAID, le GIGN et la BRI, ainsi que des drones, des hélicoptères et des blindés. Mais les cortèges se sont globalement déroulés dans le calme, même si des tensions ont été signalées à Lyon et à Nantes. À Paris, des incidents ont coupé le cortège en deux après la formation de black blocs et l’intervention des forces de l’ordre. Au-delà de la convergence des différentes catégories de manifestants, cette journée visait à faire pression sur le gouvernement pour obtenir des réponses concrètes à la dégradation du pouvoir d’achat et à la réduction des moyens des services publics.
Des revendications très portées sur les salaires
Au niveau des travailleurs, les revendications portent d’abord sur les rémunérations. Les syndicats réclament une revalorisation du Smic, des salaires dans les secteurs public et privé, des pensions de retraite et des prestations sociales. Ils demandent également une augmentation du point d’indice des fonctionnaires et l’ouverture immédiate de négociations salariales dans les entreprises et les branches professionnelles. La CGT souhaite notamment une hausse de 10 % du Smic, tandis que la CFDT avance une augmentation de 100 euros nets par mois.
Un appel à mettre fin aux économies prévues dans les projets de budgets de l’État et de la Sécurité sociale pour 2027
Les manifestants dénoncent aussi les économies prévues dans les projets de budgets de l’État et de la Sécurité sociale pour 2027. Au lieu des coupes, ils exigent davantage de moyens pour les services publics, notamment dans l’éducation, la santé et les transports, ainsi que des recrutements et de meilleures conditions de travail. Les organisations appellent par ailleurs à l’instauration d’une fiscalité plus juste, à la protection de l’emploi et de l’industrie. Quant aux lycéens et étudiants, ils défendent la rénovation des bâtiments, un renforcement des moyens de l’enseignement et une réforme de l’orientation post-bac, de Parcoursup en particulier.
Les syndicats n’ont pas appelé à reconduire la grève au-delà du 5 novembre
La mobilisation, qui a débuté mi-septembre, pourrait se poursuivre dans les prochains jours. Si la plupart des syndicats n’ont pas appelé à reconduire la grève au-delà du 5 novembre, la coordination des « gilets jaunes » a invité les participants à maintenir les blocages et les arrêts de travail vendredi 6 novembre, avant un nouvel acte de mobilisation prévu samedi 7 novembre, présenté comme l’« acte IV » du mouvement contre la vie chère.
Après le 5 novembre, Sébastien Lecornu annonce une « conférence sociale » à Matignon lundi
Face à la contestation, le gouvernement envisage une revalorisation du Smic dès le 1er décembre, au lieu du 1er janvier habituel, ainsi qu’un éventuel coup de pouce supplémentaire. Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a également évoqué des mesures destinées à relancer les négociations salariales dans les branches et les entreprises. Toutefois, aucune décision définitive n’a encore été annoncée. Les syndicats attendent désormais des engagements plus concrets, estimant que seule une réponse à leurs revendications pourra mettre fin au mouvement. Ce jeudi, Sébastien Lecornu a annoncé une « conférence sociale » à Matignon lundi prochain avec les syndicats et le patronat.






