Carburants : exclus des nouvelles aides, les transporteurs routiers menacent

Carburants : exclus des nouvelles aides, les transporteurs routiers menacent

Pour atténuer les effets de la flambée des prix des carburants, le gouvernement a renforcé ses aides. Mais les transporteurs routiers ne sont pas concernés par ce nouveau soutien, alors qu’ils vivent les mêmes difficultés. Leurs syndicats, l’OTRE et la FNTR, menacent de descendre dans la rue à partir de la semaine prochaine si l’exécutif ne se penche pas sur leur cas.

Pour faire face à la flambée des prix des carburants et à la grogne qui gagne les Français, le gouvernement a annoncé mardi la prolongation et l’élargissement de plusieurs dispositifs de soutien. Il maintient principalement, jusqu’à la fin de l’année, l’aide destinée aux « grands rouleurs » et fait passer le nombre de bénéficiaires de 3 à 5,5 millions. D’un montant de 100 euros sur trois mois, soit l’équivalent annoncé de 40 centimes par litre, cette aide ne s’applique toutefois ni aux véhicules électriques ni aux véhicules de fonction.

Les transporteurs routiers exclus des nouvelles aides sur les carburants

En revanche, le gouvernement prolonge également, jusqu’au 31 décembre 2026, les dispositifs d’aide accordés aux pêcheurs, agriculteurs et entreprises du BTP. Toutefois, il en exclut les transporteurs routiers de marchandises et de voyageurs, alors qu’ils figurent parmi les principaux consommateurs de carburant. Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a justifié cette décision par le fait que ces professionnels peuvent répercuter la hausse du prix du gazole sur leurs factures grâce au mécanisme d’indexation prévu par la loi. Mais les concernés contestent cette exclusion et sa justification.

Il est difficile d’appliquer dans les faits le mécanisme d’indexation prévu par la loi

« On est exactement dans le même cas que les autres professions. Il ne faut pas s’imaginer que les clients, systématiquement, payent, ce serait beaucoup trop facile », explique Jean-Claude Barcos, président de la Fédération nationale des transporteurs routiers (FNTR) Occitanie-Pyrénées. Le responsable syndical accuse l’exécutif de méconnaître les réalités économiques auxquelles font face les entreprises de transport. Selon lui, il est difficile d’appliquer dans les faits le mécanisme d’indexation prévu par la loi, surtout pour les nombreuses petites et moyennes entreprises du secteur.

Les aides précédemment promises accusent déjà d’importants retards

L’Organisation des transporteurs routiers européens (OTRE) précise pour sa part que plus de 80 % des entreprises sont des TPE ou des PME et qu’elles disposent d’un rapport de force limité face aux grands donneurs d’ordre. Dans ce contexte, assure-t-elle, la hausse des carburants ne pourrait pas être intégralement répercutée sur les clients.

Par ailleurs, ajoute l’OTRE, la situation est d’autant plus tendue pour le secteur que les aides précédemment promises aux transporteurs accusent d’importants retards. En effet, seulement 15 % des demandes concernant le mois de mai ont été payées, contre 77% en avril. Et aucun versement n’a été effectué pour les mois suivants. Ces retards pèsent directement sur la trésorerie des entreprises, contraintes de régler leurs fournisseurs de carburant malgré l’envolée des prix.

Les transporteurs routiers se consultent pour savoir s’il faut lancer une mobilisation générale

Comme tenu de la situation délétère dans laquelle ils se trouvent, les transporteurs sont plus que sur les nerfs et menacent. « C’est presque nous pousser à descendre dans la rue », a prévenu sur France Inter Jean-Claude Barcos, au lendemain de l’annonce du gouvernement. L’OTRE a lancé une consultation mercredi auprès de ses adhérents afin de savoir s’ils souhaitent se mobiliser et sous quelle forme.

Une décision doit être prise en début de semaine prochaine. En cas d’accord, le syndicat prévoit des rassemblements destinés à exercer une pression sur le gouvernement, sans nécessairement chercher à bloquer l’économie nationale comme avec le mouvement des « gilets jaunes » en 2018.

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