Incinérateur à Vitry-sur-Seine : une consultation citoyenne pour mesurer l’opposition au projet

Incinérateur à Vitry-sur-Seine : une consultation citoyenne pour mesurer l’opposition au projet

Une consultation citoyenne sur le projet contesté d’incinérateur à Vitry-sur-Seine se tiendra le 6 décembre 2026. Annoncée le 1er octobre par le maire Pierre Bell-Lloch, cette initiative doit permettre aux habitants de se prononcer sur la construction d’une installation destinée à produire de la chaleur pour le réseau de chauffage urbain parisien. Évalué à 1,2 milliard d’euros, ce projet suscite une vive opposition locale, notamment en raison des risques sanitaires et environnementaux pour la banlieue.

Le maire Pierre Bell-Lloch a annoncé, le 1er octobre 2026, qu’une consultation citoyenne sur le projet d’incinérateur Thermo-sur-Seine à Vitry-sur-Seine, dans le Val-de-Marne, se tiendra le 6 décembre prochain. Ce scrutin est ouvert aux personnes âgées d’au moins 16 ans et aux résidents étrangers. Il sera précédé par la mise en place d’un comité d’experts, qui doit examiner les conséquences sanitaires, environnementales et économiques de l’installation, puis présenter ses conclusions avant le vote.

Le coût de l’incinérateur à Vitry-sur-Seine estimé à 1,2 milliard d’euros

La consultation s’inscrit dans un débat public engagé autour de la transition énergétique et de la place des installations industrielles dans les territoires. Organisée à l’initiative de la municipalité, elle permettra aux habitants de Vitry-sur-Seine de faire connaître leur position sur ce projet porté par Dalkia, filiale d’EDF, et dont le coût est estimé à 1,2 milliard d’euros. Pierre Bell-Lloch présente cette démarche comme une expérience de démocratie participative à grande échelle. Selon lui, l’objectif est d’adresser un message aux industriels et à la Ville de Paris sur la nécessité de prendre en compte les attentes des territoires concernés.

Réduire la dépendance du réseau de chauffage urbain parisien au gaz

Le projet d’incinérateur Thermo-sur-Seine prévoit la construction d’une centrale de production de chaleur sur l’ancien site de la centrale thermique EDF de Vitry-sur-Seine, arrêtée en 2015. L’installation doit fonctionner grâce à la combustion de bois de seconde catégorie et de combustibles solides de récupération (CSR), issus de déchets non recyclables. Ces matières seront acheminées par voie fluviale après leur regroupement sur une plateforme à Ris-Orangis (dans l’Essonne). Le projet vise à réduire la dépendance du réseau de chauffage urbain parisien au gaz, qui représente actuellement environ 50 % de son alimentation, avec l’objectif de descendre à 25 %. Ses promoteurs mettent en avant la baisse attendue des émissions de CO₂ et la fermeture de deux installations au gaz à Vitry et Ivry. Mais des inquiétudes persistent.

Une forte opposition au projet d’incinérateur à Vitry-sur-Seine

Une consultation lancée le 1er septembre par la Commission nationale du débat public (CNDP) montre que cette initiative suscite une forte hostilité parmi la population. Près de 400 commentaires avaient été déposés en une semaine, dont moins de 1 % favorables à la construction de l’incinérateur. Le vote du 6 décembre doit ainsi donner une visibilité supplémentaire aux préoccupations des habitants. L’opposition au projet rassemble des élus de sensibilités différentes, des associations et des syndicats. Elle continue de se mobiliser de toutes parts. Le conseil départemental du Val-de-Marne, notamment, demande son abandon et a lancé une pétition qui a recueilli environ 11 000 signatures. Un comité de soutien réunissant des organisations environnementales, des syndicats et des collectifs locaux a également lancé sa propre pétition.

Des risques liés aux émissions de particules fines et ultrafines

Les opposants au projet d’Incinérateur à Vitry-sur-Seine dénoncent les risques liés aux émissions de particules fines et ultrafines, dans un secteur déjà exposé à plusieurs sources de pollution. Ils contestent aussi le choix d’implanter en banlieue une infrastructure destinée à alimenter principalement le chauffage parisien. Autrement dit, les habitants ne veulent pas supporter le poids et les risques d’une installation dont ils ne profitent pas.

Le maire de Vitry-sur-Seine se dit lui-même opposé au projet dans son état actuel, tout en reconnaissant l’importance de diversifier la production de chaleur et de maîtriser les coûts énergétiques. Il estime que toute implantation doit garantir la protection de la santé, des retombées économiques locales, des emplois et une circulation maîtrisée des camions. Pour lui et pour les promoteurs, la consultation de décembre constituera une étape importante pour mesurer l’opposition citoyenne et rappeler aux décideurs les exigences du territoire.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *