Pollution automobile : Airparif mesure les particules émises par le freinage
Le lundi 6 juillet 2026, Airparif, l’association chargée de la mesure de la qualité de l’air en Île-de-France, a annoncé le lancement d’une campagne de mesures des particules fines émises par le freinage des véhicules. Réalisée sur autoroutes, en zones urbaines, périurbaines et rurales, cette opération en conditions réelles permettra d’enrichir les connaissances scientifiques sur ces émissions et d’alimenter les programmes de recherche.
Pendant plusieurs décennies, les efforts pour améliorer la qualité de l’air se sont concentrés sur les émissions à l’échappement des véhicules, essence ou diesel. À force, les normes européennes antipollution successives, le renouvellement du parc automobile et l’installation de divers dispositifs, comme les filtres à particules (FAP), ont permis de réduire fortement ces émissions. Désormais, l’attention se porte aussi sur les émissions dites hors échappement, issues notamment de l’usure des freins, des pneus et de la chaussée. Celles-ci seraient responsables d’environ 50% de la pollution aux particules du trafic routier.
Airparif mesure les particules fines émises par le freinage des voitures
Pour mieux caractériser ces émissions négligées, Airparif, l’association chargée de la mesure de la qualité de l’air en Île-de-France, a annoncé le 6 juillet le lancement d’une campagne de mesures des particules fines émises par le freinage des voitures. Dans le cadre de cette campagne expérimentale en conditions réelles, un véhicule instrumenté a parcouru pendant cinq jours divers environnements (autoroutes, zones urbaines, périurbaines et rurales) afin de mesurer les particules émises lors du freinage (PM10, PM2,5 et particules ultrafines). Les données recueillies doivent aider les scientifiques à mieux comprendre l’influence du type de véhicule, des conditions de circulation, des différents réseaux routiers ou encore du style de conduite sur les émissions produites.
Airparif va alimenter plusieurs projets de recherche avec les résultats de l’expérimentation
Airparif ajoute dans un communiqué que « les résultats viendront à terme enrichir les connaissances scientifiques, alimenter plusieurs projets de recherche et améliorer les inventaires d’émissions utilisés pour évaluer la qualité de l’air ». Selon l’organisme, cette expérimentation témoignerait de la capacité des Associations agréées de surveillance de la qualité de l’air à adapter leurs méthodes d’observation aux évolutions des enjeux environnementaux. Elle illustrerait également leur aptitude à développer de nouveaux protocoles de mesure et à consolider une expertise scientifique indépendante au service de la qualité de l’air, de la santé, du climat et de la transition énergétique.
Les véhicules électriques émettent moins de particules grâce au freinage régénératif
En attendant les résultats de l’expérimentation, il faut noter qu’une voiture thermique émet plus de 4 fois plus de particules au freinage qu’un véhicule électrique, à masse identique, d’après des données COPERT. Les véhicules électriques émettent moins de particules grâce au freinage régénératif, qui s’appuie sur un système de récupération d’énergie.
Toutefois, une masse plus importante entraîne une hausse des émissions de particules provenant de l’abrasion des pneus et de la chaussée. Ainsi, un véhicule électrique lourd émet 20% de particules au freinage en plus qu’un modèle léger, selon une analyse du Centre interprofessionnel technique d’études de la pollution atmosphérique (Citepa).






