Canicule : la CES réclame des pauses fraîcheur pour les salariés, comme au foot

Canicule : la CES réclame des pauses fraîcheur pour les salariés, comme au foot

Face à la multiplication des canicules, la Confédération européenne des syndicats (CES) demande à l’UE d’imposer des pauses fraîcheur obligatoires pour les travailleurs exposés aux fortes chaleurs, un peu comme à la Coupe du monde de football qui a lieu en ce moment en Amérique du Nord. L’organisation pointe un stress thermique sur le lieu de travail, qui peut entraîner épuisement, pathologies et décès. Elle souhaite un droit à des pauses sans perte de salaire.

Alors qu’une vague de chaleur sans précédent frappe une grande partie de l’Europe depuis plusieurs jours, la Confédération européenne des syndicats (CES) a appelé jeudi l’Union européenne à instaurer des « pauses fraîcheur » obligatoires pour les travailleurs exposés à la canicule. Un peu à l’image de ce qui se fait à la Coupe du monde 2026 en Amérique du Nord, pendant laquelle les joueurs bénéficient de deux interruptions de jeu de trois minutes pour se rafraîchir, en plus de la pause traditionnelle de quinze minutes (mi-temps).

Les pauses fraîcheurs nécessaires pour adapter le travail au changement climatique

La CES, qui revendique 45 millions de travailleurs membres, veut que Bruxelles fixe un cadre minimal applicable dans les 27 États membres. Elle souhaite un droit à des pauses sans perte de salaire. « Les pauses fraîcheur mises en place pendant la Coupe du monde ont mis en lumière le danger que représente la chaleur extrême pour les travailleurs et les types de mesures qui peuvent être prises pour les protéger », a expliqué Esther Lynch, secrétaire générale de la Confédération européenne des syndicats (CES). Selon la syndicaliste, même si les travailleurs auront besoin de plus de trois minutes pour se remettre d’une exposition à la chaleur, ces « pauses fraîcheur » sont essentielles pour adapter le travail au changement climatique.

Des pauses fraîcheurs pour éviter des accidents du travail

« Nous avons besoin d’une loi fixant une température maximale de travail, qui donne à tous les travailleurs le droit à des pauses rémunérées, à l’eau et à l’accès aux toilettes », insiste Lynch auprès d’Euronews Health. Pour appuyer sa demande, la CES invoque les dernières données de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Celle-ci indique que plus de 2,4 milliards de travailleurs sont exposés à une chaleur excessive dans le monde. Cette situation provoque plus de 22,85 millions d’accidents du travail chaque année. Selon l’OMS, la température corporelle centrale ne doit pas dépasser 38 °C pour pouvoir tenir un poste pendant huit heures, alors que dans certains pays de l’UE le temps journalier peut atteindre 10 voire 12 heures.

Des températures records enregistrées en Europe

Or les températures en Europe côtoient actuellement ce plafond. Dans la plupart des villes européennes, elles ont dépassé les 35°C. À Paris, le thermomètre a franchi mercredi les 40°C, la quatrième fois en 150 ans. C’est une situation alarmante quand on sait que le risque d’accident du travail augmente jusqu’à 7 % quand la température dépasse 30°C, et jusqu’à 15 % à partir de 38°C. D’après des données citées par la CES, au moins 94 millions de personnes devraient être exposées en Europe à des températures supérieures à 35°C pendant cette canicule. D’où l’impérieux besoin d’agir au niveau de la réglementation.

Chaque membre de l’UE a ses propres règles sur les conditions de travail pendant les périodes d’extrême chaleur

Aujourd’hui en Europe, les principales mesures mises en place pour prévenir le stress thermique et les risques liés au changement climatique sur le lieu de travail sont l’aménagement des horaires, les pauses régulières ou encore la rotation des postes. Mais ces précautions sont soumises à l’appréciation des employeurs. Rien, pour l’instant, n’est inscrit dans la loi européenne. Il n’y a donc aucune contrainte. Aussi, chaque pays garde ses propres règles sur les conditions de travail pendant les périodes d’extrême chaleur. Par conséquent, Bruxelles doit fixer des normes minimales de santé et de sécurité pour l’ensemble des 27 États membres de l’UE.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *