Datacenters : un guide pour aider les collectivités à mieux arbitrer leur installation

Datacenters : un guide pour aider les collectivités à mieux arbitrer leur installation

France urbaine, Ville de demain et Paris-Île-de-France capitale économique ont publié le premier guide des datacenters durables et acceptables d’Hexagone. Ce document propose de nouveaux indicateurs et une checklist opérationnelle pour aider les collectivités à mieux arbitrer l’implantation de ces infrastructures sur leur territoire. Il s’accompagne du lancement d’un Observatoire national du centre de données durable.

Ville de demain, France urbaine et Paris-Île-de-France capitale économique (PCE) ont présenté, le mardi 21 avril, un guide du « datacenter durable et acceptable » à l’attention des élus locaux. Ce document en cinq chapitres doit aider les collectivités à décider en connaissance de cause de l’implantation de datacenters sur leur territoire. Fruit de deux ans de travail et d’un benchmarking international, il se veut un outil complet et très concret, grâce à la définition des critères d’acceptabilité des projets et l’intégration d’indicateurs territoriaux.

Opérateurs et collectivités doivent être au même niveau d’information

Chloë Voisin-Bormuth, directrice générale de Paris-Île-de-France capitale économique, explique l’utilité de ce guide du datacenter durable. Elle note que lorsqu’un opérateur de datacenter approche une commune, il dispose déjà d’un service juridique rodé et d’un projet bien ficelé. De son côté, la collectivité ne découvre que tardivement le dossier et manque d’outils pour en mesurer les impacts. Or, plus elle est informée tardivement, plus il lui est difficile de bien négocier. Nicolas Régnier, président de Ville de demain, ajoute qu’il est impératif d’évaluer la performance d’un centre de données de manière indépendante, en fonction de son intégration à son environnement direct et à l’écosystème local.

Le guide des datacenters durable propose trois indicateurs calibrés

S’il existe déjà des indicateurs techniques pour l’énergie (power usage effectiveness ou PUE) et pour l’eau (water usage effectiveness ou WUE), ceux-ci ignorent l’impact de l’équipement sur l’écosystème local. C’est pourquoi le guide du datacenter durable propose trois indices complémentaires calibrés pour les territoires, au travers de l’énergie, de l’eau et du foncier. En premier lieu l’indice de circularité énergétique (ICE), qui doit inciter les opérateurs à déployer des technologies permettant d’obtenir une température de sortie réellement utile (supérieur à 60° C) raccordable à un réseau de chaleur urbain. Une chaleur fatale à 30°C n’étant qu’un « déchet ».

Indices d’efficacité foncière (IEF) et de pression hydrique (IPH)

Deuxième levier, l’indice de pression hydrique (IPH). Celui-ci contextualise l’efficacité de l’usage de l’eau en croisant la consommation technique avec la vulnérabilité réelle de la ressource locale, notamment à partir des arrêtés préfectoraux de sécheresse. Le guide retient un seuil d’alerte renforcée de plus de trente jours cumulés par an sur cinq ans. Enfin, il y a l’indice d’efficacité foncière (IEF) fondé sur la puissance informatique au mètre carré artificialisé. L’IEF doit favoriser la compacité, la verticalité et la reconversion de friches dans la logique ZAN, avec pour priorité de valoriser les projets qui misent avant tout sur le recyclage urbain.

Un Observatoire pour accompagner le guide des datacenters durables

Au-delà de ces trois indicateurs complémentaires, le guide propose une checklist destinée aux élus et aux services instructeurs, qui n’ont pas nécessairement d’expertise technique en la matière. Il donne les clés pour qualifier précisément le projet (type, puissance, emprise), arbitrer entre coûts et bénéfices à différentes échelles, et formaliser des engagements de suivi mesurables.

L’outil recense en outre les leviers juridiques et urbanistiques disponibles, notamment via les documents de planification Sraddet, SCoT et PLUi. Pour l’accompagner, les auteurs ont lancé l’Observatoire national du datacenter durable et acceptable. Cette plateforme organisera des ateliers et colloques entre décideurs publics et opérateurs, permettra l’échange de bonnes pratiques, assurera le suivi des indicateurs et les fera évoluer à mesure que les technologies évoluent.

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