Télétravail : une pratique toujours largement acceptée chez les cadres
Si certaines entreprises ont réduit le recours au télétravail, une très large majorité d’entre elles n’ont aucune intention de toucher à cette pratique chez les cadres. Ce mode de travail est largement perçu comme un élément d’attractivité et de fidélisation. C’est ce qu’indique une étude publiée par l’Association pour l’emploi des cadres (APEC) et menée auprès de 1 000 entreprises représentatives du secteur privé.
Depuis l’exception Covid, beaucoup d’entreprises ont mis fin au télétravail pour leurs équipes, y compris chez les cadres (salariés de niveau supérieur). Stellantis (automobile) et la Société générale (banque), notamment, ont limité le recours à cette pratique. Celle-ci consiste à travailler à distance, depuis chez soi ou un autre lieu que le bureau, grâce à des outils spécifiques comme Microsoft Teams, Slack, Zoom ou Google Meet.
Près de 9 entreprises sur 10 n’ont pas changé leur politique de télétravail en 2025
Si la médiatisation des retours au bureau fait croire qu’il s’agit d’un mouvement général, ce n’est pas le cas. En tout cas au niveau des cadres. Selon une étude de l’Association pour l’emploi des cadres (Apec), menée auprès d’un échantillon représentatif de 1 000 entreprises, seules 9% des entreprises ont réduit ou supprimé la possibilité de télétravailler en 2025 pour les responsabilités importantes. A l’inverse, 2% ont augmenté le nombre de jours autorisés. Ainsi, près de 9 entreprises sur 10 (89%) interrogées disent n’avoir pas changé leur politique de télétravail l’an dernier.
Seules 3% envisagent de restreindre l’accès à cette pratique en 2026
Ce sont surtout des TPE et PME qui ont restreint les possibilités de télétravail, pour respectivement 8% et 10% d’entre elles, contre 5% pour les entreprises de taille intermédiaire et les grandes entreprises (ETI/GE), relève l’Apec. Pour 2026, aucun grand changement à attendre.
Seules 3% des entreprises envisagent de restreindre l’accès à cette pratique, tandis qu’autant projettent de le développer. Pour les 94% restantes, c’est le statu quo. « Pour la majorité des entreprises, réduire le télétravail présenterait aujourd’hui plus de risques que d’avantages, notamment en matière d’attractivité et de fidélisation des talents. », explique la directrice générale de l’Apec, Laetitia Niaudeau.
Les entreprises auraient plus à y gagner qu’à y perdre
En termes d’avantages, la majorité des organisations professionnelles autorisant le télétravail restent convaincues qu’elles ont plus à y gagner qu’à y perdre en termes de productivité (45%) et de qualité de vie au travail (67%). Ces convictions sont plus fortes chez les plus grandes entreprises (61% et 87%). A l’inverse, 9% jugent négative l’influence sur la qualité de vie au travail et 24% ne voient pas d’effets. Au niveau de la productivité des salariés, 12% trouvent l’influence du télétravail négative et 43% estiment que cela n’a pas d’impact.
Des départs de cadres en cas de suppression du télétravail
En outre, les entreprises proposant du télétravail – et surtout les grandes structures – craignent pour la plupart qu’une réduction du nombre de jours en télétravail ne nuise à leur organisation. Près de 4 sur 10 (38 %) redoutent qu’une telle décision ne génère des difficultés à recruter, tandis que 33 % anticipent une baisse d’engagement et 23 % des départs de collaborateurs.
Et ils n’ont pas tort. En effet, les cadres disent qu’ils seraient très mécontents si leur entreprise décidait de réduire le nombre de jours de télétravail autorisés (74 %) ou de supprimer le dispositif (80 %). Dans ce dernier cas, près d’un cadre sur deux envisagerait même de changer d’entreprise, un chiffre stable depuis 2024.






