Bruit des avions : à Toulouse, le dispositif Silencio a déjà bénéficié à plus de 12.000 locaux

Bruit des avions : à Toulouse, le dispositif Silencio a déjà bénéficié à plus de 12.000 locaux

Depuis sa mise en place en 1995, le programme d’insonorisation Silencio de l’aéroport de Toulouse-Blagnac a bénéficié à plus de 12.000 locaux dont les occupants sont victimes des bruits d’avions. Des travaux ont été réalisés l’année dernière sur les fenêtres de deux lycées de Toulouse pour réduire la gêne sonore engendrée par le passage des appareils au-dessus des établissements.

En 2025, les lycées Joséphine Baker et Gisèle Halimi de Toulouse ont vu leurs fenêtres remplacées par des vitres insonorisées dans le cadre du programme d’insonorisation Silencio de l’aéroport de Toulouse-Blagnac. Chiffrés à 483.000 euros, les travaux doivent permettre de réduire, sinon d’éliminer, la gêne sonore engendrée par le passage des avions au-dessus des établissements. L’année dernière, les écoles étaient la priorité du plan.

À Toulouse, le dispositif Silencio pour lutter contre la gêne sonore causée par les avions

À l’instar des transports routiers et ferroviaires, le trafic aérien entraîne d’importantes nuisances sonores dans les zones proches des aéroports. En tant que pôle industriel mondial et européen de l’aéronautique, Toulouse est une ville majeure de ce trafic aérien en France. Conscient de la gêne sonore causée aux habitants de la ville rose par ses activités, l’aéroport de Toulouse-Blagnac a créé en 1995 une aide à l’insonorisation de bâtiments survolés par les avions. Baptisé Silencio, ce dispositif vise à insonoriser les logements, établissements scolaires et bâtiments publics. Géré dans ses débuts par l’Ademe, il est depuis confié à la plateforme aéroportuaire concernée, avec l’élaboration du plan de gêne sonore.

Le programme Silencio repose sur une cartographie des zones touchées par les bruits d’avion

Le plan de gêne sonore est un outil réglementaire mis en place par les autorités aéroportuaires pour cartographier les zones exposées au bruit des avions. Établi à partir de l’indice Lden (Level day-evening-night), qui mesure le niveau sonore moyen sur 24 heures, il se matérialise par trois zones en couleurs sur une carte : rouge (zone très bruyante), orange (moyennement bruyante) et vert (gêne sonore faible). À Toulouse, l’aide à l’insonorisation est financée par l’aéroport de Toulouse-Blagnac, à partir de la taxe sur les nuisances sonores aériennes. Celle-ci est collectée par l’Etat auprès des compagnies aériennes sur le principe du pollueur-payeur. Elle n’existe pas pour le transport routier ou ferré.

Un dossier à déposer auprès du service Environnement du gestionnaire

Pour bénéficier du programme Silencio, il faut habiter dans l’une des trois zones représentées en couleur. L’aide ne concerne pas les locataires, mais les propriétaires. Ceux-ci doivent déposer une demande de financement auprès de l’aéroport, plus précisément auprès du service Environnement du gestionnaire. Une fois qu’il a reçu le dossier, ce service vérifie l’éligibilité du logement, en fonction de son emplacement et de sa date de construction. Par la suite, il effectue une étude acoustique et fixe un devis pour les travaux, qui devront être validés en Commission Consultative d’Aide aux Riverains. Celle-ci se réunit plusieurs fois par an.

Une prise en charge des travaux de 80% à 100% du montant global

Si le dossier est validé, le riverain a deux ans pour réaliser les travaux, sans quoi l’aide lui est retirée. Les propriétaires de logement individuel peuvent prétendre à une prise en charge des travaux de 80% à 100% du montant global selon les revenus. L’année dernière, Silencio a priorisé les établissements scolaires. C’est dans ce cadre que les fenêtres des lycées Joséphine Baker et Gisèle Halimi ont été remplacées par du vitrage haute performance. Auparavant, le collège Vauquelin, situé dans le couloir aérien de Toulouse-Blagnac, avait fait l’objet de travaux à hauteur de 1,7 million d’euros.

Près de 100 000 riverains concernés par le programme Silencio

Selon les chiffres publiés sur le site internet dédié à ce programme, plus de 12.700 locaux ont été insonorisés depuis 1995 à fin 2024. Ces travaux ont été financés à hauteur de 80 millions d’euros et auraient enregistré un taux de satisfaction des bénéficiaires de 98%. Si l’aéroport se satisfait de ces chiffres, il a encore du pain sur la planche. En effet, les nuisances sonores liées à l’aéroport de Toulouse-Blagnac concernent près de 100 000 riverains. Sans compter les bâtiments anciens et les copropriétés privées. Il devra donc s’appliquer car, au-delà du besoin de confort, l’isolation acoustique constitue un enjeu de santé publique. Une exposition prolongée au bruit peut provoquer du stress, des troubles du sommeil et une baisse de la qualité de vie.

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